J46 : 1er mai 2020

En ce premier mai, le cortège de tête cède la place à celui qui s’invite aux fenêtres, il se vit masqué mais surtout pas muselé.

Mme K. devait soutenir sa thèse en juin mais rien ne dit qu’elle le pourra – pour l’heure elle est ballotée entre les mains de son université, occupée à trancher si contrôlera ou pas et comment ses diplômes elle évaluera, alors que Mme K. s’échine depuis des jours à tenter de finir, elle entend ses collègues se tâter sur le recours à la vidéo-surveillance et au flicage des étudiants –, de son côté elle ne souhaite qu’une chose : ne pas soutenir sur Skype.

Aujourd’hui, l’Europe s’inquiète pour les Africains qui vont évidement tous mourir du Covid, comme s’il lui était difficile de reconnaître que l’hécatombe se trouve de son côté et que certains se débrouillent mieux qu’elle – ou comment la compassion maintient un certain rapport de domination et le rêve d’un eldorado qui prend sacrément l’eau.

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