J53 : 8 mai 2020

Au fur et à mesure que le 11 mai approche, chacun cherche à savoir ce qu’il en est réellement des libertés regagnées – les zones sont encore floues et il semble qu’on s’en arrange pour rêver à la grande liberté, en attendant de découvrir que ce ne sera pour maintenant, puisqu’on nous concocte déjà la possibilité d’un deuxième tour – et avec ça qu’est-ce que je vous sers ?

M. G. préfère les garçons, ça fait pas longtemps qu’il commence à l’accepter, à dépasser sa gêne, à l’apprivoiser, à s’autoriser d’autres désirs et d’autres envies, mais là, depuis le confinement, il doit cohabiter avec ses parents, cohabiter avec eux qui à longueur de journée parlent des sales enculés, avec eux qui traitent les connards de pédé et les homos d’arriérés, certains jours il tente d’expliquer que c’est pas des insultes pédé ou enculé, que les mots c’est violent, et puis ses parents le regardent d’un air dépité en lui disant, c’est dégoutant alors toi tu nous fera pas ça, et puis voilà qu’ils repartent pour une nouvelle fournée de pédé et d’enculé.

À mesure que le jour de déconfinement approche, une nouvelle pathologie se fait jour : la déclaustrophobie.

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